CONSTANT (M.)


CONSTANT (M.)
CONSTANT (M.)

CONSTANT MARIUS (1925- )

Après des études musicales, suivies à Bucarest où il est né (d’un père français et d’une mère roumaine), et une formation d’abord influencée par le romantisme allemand, Marius Constant reçoit à Paris, où il se fixe en 1945 (études avec Nadia Boulanger, au Conservatoire national de musique et à l’École normale de musique), la révélation de la musique française, «de ses recherches de sonorités nouvelles, de sa fluidité». Cette rencontre détermine profondément sa création, dès lors essentiellement orientée vers une recherche de timbres (Le Joueur de flûte , oratorio, 1952; 24 Préludes pour orchestre, 1959; Turner , pour orchestre, 1961; Recitativo , pour alto solo, 1983; Die Trennung , pour quatuor à cordes, 1990). Son amour pour le surréalisme littéraire l’incite davantage à l’exploration musicale des techniques du hasard qu’à une technique stricte d’écriture sérielle qu’il n’éprouve pas comme indispensable (Les Chants de Maldoror , 1962; Trait , suivant le principe du «cadavre exquis», 1969).

Fondateur (en 1963) et directeur musical, jusqu’en 1971, de la formation Ars nova , ensemble destiné à faire connaître et à susciter des œuvres contemporaines nouvelles, Marius Constant développe dans son groupe une volonté d’improvisation (jusqu’à d’authentiques improvisations d’ensemble, au concert notamment), procédé qu’il étend ensuite au spectacle (La Serrure , 1969, est un opéra improvisé). La danse moderne lui semble pouvoir se prêter à des recherches similaires; il collabore volontiers en tant que compositeur aux créations nouvelles et expérimentales (tant sur le plan de la forme que sur celui du son): avec Maurice Béjart il réalise Haut Voltage (1956); avec Roland Petit, dont il est le chef d’orchestre de 1957 à 1963, Contrepoint , (1958), Éloge de la folie , (1966), Septentrion (1975), Nana (1976); il compose Paradis perdu (1966) pour Noureev. L’activité déployée en faveur de la danse le désigne naturellement au poste de directeur de la danse de l’Opéra de Paris (1971-1976).

Le style de Marius Constant, toujours très orienté vers le souci de l’élargissement sonore et du renouvellement du timbre, semble devoir renoncer aux pratiques aléatoires au profit d’une écriture continue, toujours raffinée et aérée, dans une grande liberté formelle, déterminée uniquement par le contenu poétique inhérent à chaque œuvre. Son opéra Candide (1970), dont il fait aussi une version de concert, est très représentatif de l’esprit de synthèse que révèle la création de Marius Constant. Il a donné, en 1989, un oratorio dramatique, Des droits de l’homme , pour récitants, soprano, chœurs, clavecin, orchestre et musique électronique.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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